Kotohira eki, paisible histoire
Nous voilà à Kotohira eki. 10 minutes de trajet ont suffit pour y venir depuis Tadotsu, mais je vais y rester bien plus que ça!
Une bonne journée plus une nuit. J'ai déjà raconté toutes mes aventures dans cette ville historique et les merveilles qu'elle recèle chez Japonotaku. Peut-être les suivez-vous aussi là-bas!
Sur Densha Otaku 365 je respecte exactement la chronologie de mes voyages, ce qui n'est pas le cas sur mon autre blog, plus décousu.
Bref, voilà Kotohira. Ancienne cité historique de Shikoku dont le célèbre temple Konpira-san en est le symbole depuis des siècles.
Et le gare de Kotohira est la première étape des pélerins venant ici par milliers chaque année. Historique, elle l'est aussi. Elle a vu passer des empereurs, des gloires qui ont marquées ses entrailles. Son architecture de style occidentale comme il en était de coutume durant l'époque Meiji, date de construction: Meiji 22 -1889, respecte le poids de toutes ces années.
Un parvis magistral encadré par des toru -des lanternes de pierre- comme celles que l'on trouve dans les temples, pour indiquer aux visiteurs le chemin du Konpira-san. Un essieu de locomotive à vapeur est encore ici exposé, rappellent le glorieux passé ferroviaire du site. Et cette fontaine, bien plus contemporaine.
Je retourne vers l'intérieur de la gare.
Là-bas en haut dans la brume sur la montagne, le Konpira-san, le temple aux 785 marches pour y accéder!
Une gare d'antan au charme désuet inoubliable!
Ambiance rurale, pélerins et vieux habitués, jeunes n'attendant que l'université pour fuir à la grande ville!
Ambiance tranquille, paisible. Le temps passe, les années ne marquent plus.
Reste la joie de vivre chaque instant.


Densha Otaku en autoportrait dans la glace de ce 'bateau-lavoir' du quai d'en face. Un bateau sur un quai de gare, omoshiroi ne! (amusant!)
Les étudiantes japonaises, toujours un très bon sujet photographique, et tout autant sujet de fantasmes pour les hommes!
Je vais repartir de cette charmante petite gare. En passant par ce guichet 'humain' où un employé vous regarde dans les yeux, vous demande votre billet. Je montrerai pour la troisième fois mon Rail Pass qu'il commence à connaître!
Pas de machine automatique ici, c'est bon.
Et si ce n'est pas l'heure d'un train, l'accès aux quais est fermé au moyen d'une corde. Il vous faudra déranger l'ekiin (employé de gare) derrière son guichet en train de regarder un match de base-ball, pour lui demander la permission d'acceder aux quais. Mais il s'étonnera et vous dira que le prochain train n'est que dans 32 minutes, et qu'il vaut mieux attendre dans le hall sur les bancs en bois.
Mais pour l'instant je sors. Je vais aller faire mon pélerinage au Konpira-san.
Et je reviendrai plus tard, pour vous montrer les trains qui passent par ici ...
Tadotsu eki & la SL 58 685 de Taisha 10
Voilà la réponse à ma question d'hier. Tadotsu eki, c'est la gare où je viens de descendre, de mon JR 8000 Shiokaze qui continue sa route vers Okayama à 50 km de là.
Je reste dans cette gare de Tadotsu, située à la jonction de deux lignes, les Yosan & Dosan lines.
Comme vous le voyez sur le panneau du nom de la gare, toutes les gares sont numérotées sur chaque ligne de Shikoku. Ici Tadotsu, 12ème gare des deux lignes y passant.
Tadotsu est l'une des toutes premières gares de Shikoku lors de son ouverture sur le rail, en 1889, menant vers Kotohira, notre prochaine destination.
Nous sommes donc dans une gare historique, et préservée comme telle!
En atteste l'ambiance, bois et guichet avec personnel attentif à qui il faut remettre son billet en sortant, où montrer son Rail pass pour les gaijin!
Devant la gare, un essieu de locomotive à vapeur est conservé et exposé pour se souvenir du glorieux et intense passé ferroviaire du site.
Et d'ailleurs, non loin de là, une vraie locomotive à vapeur est exposée sous un abri, près du garage à vélo (!) ...

Garage à vélo bien rempli comme il se doit au Japon. Et la SL (Steam Locomotive) toute pauvre au fond sous son abri!
Tellement pauvre et triste cette SL, que je décidais d'aller papoter un instant avec elle. J'ai pris mon bentô(acheté plus tôt dans une très bonne boulangerie près de la gare) en sa compagnie.
Elle avait tant de choses à raconter!

Elle était fière à l'époque!
Quelle époque?
"- Ah mon garçon, je suis née Taisha 10 (1921), alors ...
- Taisha? ah oui du nom du roi de l'époque, au début du XXème siècle!
- Pas un roi, tu te crois où toi, l'empereur Taisha (1912-1926), mais il n'a pas tenu bien longtemps lui à la différence de moi!Et puis j'en ai fait des kilomètres, j'en ai vu du pays à la différence de toi gamin!
- Eh oh doucement, sur ce plan là j'en ai peut-être vu bien plus que vous ...du pays! Parce qu'à votre époque Shikoku était un 'vraie' île, fermée, et vous n'aviez qu'elle comme terrain de jeu. Alors que moi, si je commence à vous raconter tous les endroits du Japon où je suis allé, ça va prendre du temps!
- Oui bon enfin, reumh, ces jeunes toujours pareil, incivils et ils croient tout vous apprendre, mais moi j'ai transporté des voyageurs et surtout des marchandises arrivant par mer au port tout proche qu'il fallait acheminer dans l'île. J'étais bien plus vaillante et utile qu'aujourd'hui, où les jeunes me regardent comme une antiquité délabrée. C'est pas une vie. Et encore, j'ai ce petit abri, même si j'ai passé tant d'années sans protection par tous les temps! Mais toutes les autres sont parties en enfer (en-fer-raille!) et vous savez que ..."
Oh làlà quelle bavarde celle-là! Comme toutes les mamies, au début elles vous regardent de haut sans un mot, puis quand elles commencent à l'ouvrir on ne les arrête plus!
Je l'ai laissée délirer sur sa vie merveilleuse qui ne l'est plus aujourd'hui et patati et patata ...
Je tournais autour pour faire mes plans et manger mon bentô en même temps, que je mettais du gras sur mon APN!
C'est une belle machine y'a pas à dire!
Alors qu'elle continuait de me casser les oreilles avec ses histoires d'antan, j'ai perçu au loin le bruit d'un train arrivant.
Et là je me suis embrouillé les paluches dans les réglages entre bentô SL Taisha 10 et vidéo photo! Voulant lancer une vidéo, je fais une photo! Le temps de recaler sur le bon réglage, le train avance et j'essaye de choper ce qu'il en reste de là où je suis, entre poteaux et quais ...
C'était le mignon petit 'Anpanman Torokko' venant d'Okayama avec peu de monde à bord dans le wagon spécial キクハ32-502 découvert mais recouvert d'Anpanman, poussé par un キハ185.
Voici la photo prise au début croyant lancer la vidéo ...
Et je vous passe (ou plutôt je ne vous passe pas!) l'image suivante que j'ai voulu faire alors que j'étais en position vidéo!? Une vidéo qui dure 3 secondes...juste le temps que je m'aperçoive de la bévue et que je déverse alors un flot d'injures insensées comme je sais si bien le faire quand ça déborde!
Après m'être remis de mes émotions et en position 'prise de vue', voilà l'image ...
Depuis le garage à vélo, une image des quais de Tadotsu. Un petit キハ54 est là en attente. Une lycéenne pendue à son portable, des salarymen de Shikoku.
A propos des salarymen, il me vient cette réflexion. En France, il y aune grande différence de style entre des hommes d'affaire des grandes villes et ceux de la campagne. Car ici nous sommes en pleine campagne japonaise, mais les salarymen sont les même que ceux que l'on peut croiser sur des quais à Tôkyô. Un peu plus 'cool' peut-être!
Je repars en gare, car mon train va arriver.
J'avais ici un peu plus d'une demie-heure d'attente pour avoir ma correspondance.

A peine arrivé à quai que mon train est déjà arrivé. Quelques voyageurs en descendent. Quelques minutes d'attente et il repartira en direction de Kôchi. Je n'irai pas jusque là tout de suite.
C'est le JR 2000 à gauche. A droite le キハ54 n'est toujours pas parti.
Avant le départ, j'en profite pour faire quelques images sympas, comme cette petite famille, la mère et ses deux enfants à la chorégraphie bien synchronisée ...

Un distributeur automatique qui pourrait passer inaperçu s'il n'y avait cette illustration de SL dessus!
Mais à Tadotsu, il n'y a pas que la SL 58 685 et les JR 2000, mais aussi les JR 121 ....
Celui-ci est à destination de Takamatsu, un JR 121 'Sanpoto' (Sun port?) son nom sur la liaison jusqu'à Takamatsu où nous auront l'occasion de le retrouver.
Le JR 121 est le dernier train conçut juste avant la privatisation de la JR.
Et détail amusant il a effectué ses débuts lors d'essais sur la Yokosuka line entre Yokohama et Shinagawa, car l'usine était à côté!
JR 8000系
C'est le jour du JR 8000, le train le plus rapide de Shikoku, voire du Japon ...sur voie métrique!
Le JR 8000 est doté du système de la pendulaison, comme le JR 2000, et juste avant son introduction sur les voies de Shikoku en 1992, il a réalisé un record de vitesse à plus de 160 km/h! Ce qui pour un train pendulaire sur voie sinueuse et métrique est une performance.

Les JR 8000 sont des trains souvent composés en rames de 5+3 caisses. Sous cette forme 6 trains complets ont été mis en circulation en 1992.
Il y a donc les rames à 3 caisses (8500 avec nez allongé de couleur jaune+8300+8200 nez plat), et à 5 caisses (8400 nez plat+8300+8150+8100+8000 nez allongé de couleur rouge).
Sur le gros plan ci-dessus vous pouvez donc en déduire qu'il s'agit d'un JR 8000 à 3 caisses côté 8500.
Voyez par exemple le côté 8200 (que j'appelle 'nez plat') arrivant en 2007 à Okayama eki ...
Passons à l'intérieur, qui a été renouvellé en 2004.
C'est un train 'tokkyû' donc rapide, pour les longues distances, bénéficiant d'un très bon niveau de confort et d'une décoration stylée très appréciable dans les moindres détails.
Un petit cabinet de toilette dans le couloir avec cette très belle vasque fait son effet dès que l'on monte à bord.
Je me suis attardé un instant sur le compartiment 'green' -la première classe à réservation obligatoire au Japon ...
Un tel siège est une véritable invitation au voyage, en grand confort et en beauté!
Il faut avoir prévu un Rail Pass spécial 'Green' plus cher!
Pour ma part ce n'est pas la peine de dépenser plus, je suis toujours debout d'un bout à l'autre de la rame pour prendre des photos et faire des vidéos.
Retournons-nous et rapprochons-nous du poste de conduite ...
Un poste de conduite 'cockpit' isolé de tout le reste, à part, en hauteur! Trop peut-être! Je me demande si la vision sur la voie est bien idéale comme cela?
Et comme d'habitude, pour mon plus grand bonheur, il est possible pour ceux qui le veulent de venir voir le spectacle de la conduite et du trajet grâce à une grande vitre nous séparant de ce poste de conduite. J'ai peut-être une meilleure vue que le conducteur lui-même sur le paysage.
Autant vous dire que pour les vidéos, c'est un régal, surtout avec le système pendulaire. C'est mieux qu'à la fête foraine avec les balancements de la caisse à chaque courbe.
D'ailleurs en voici une faites d'ici même ...
Profitant d'un arrêt en gare, je décide d'en faire une deuxième, avec quelques plans hyper rapides de l'extérieur, et le train qui repart, mais la pluie qui commence à tomber ...
A cause du long nez du JR 8000 la cabine de conduite est très grande, mais peu de personnes y tiennent ..debout! Par contre couché c'est possible sur l'espèce de long 'tapis' devant moi! J'avais d'ailleurs une forte envie d'aller m'y allonger pour faire des bons plans et un petit somme à côté du placide untenshu!
Je crois que ça ne l'aurait pas fait!
Lors d'un arrêt dans une petite gare, on croise notre clone, sous l'aspect d'un autre JR 8000, que je prend par phase depuis l'intérieur du train dans le compartiment 'green sha' ...
Les deux caisses 8200 & 8400 attelées des deux types de rames de JR 8000. Et la petite tête du shashô par la fenêtre qui surveille le départ du train de la gare.
Puis j'arrive dans une gare.
Et je descends du train.
C'est la fin de mon voyage avec le JR 8000.
Pour une fois je n'ai pas fait durer le plaisir pendant des semaines. Un jour aura suffit pour cela. J'ai décidé d'accélérer les choses, car on ne verra jamais la fin de ce périple à Shikoku. Puis certaines choses méritent que l'on s'y attarde plus que d'autres.
Et la gare dans laquelle je suis maintenant mérite que l'on s'y attarde un petit peu.
Mais quelle gare est-ce?
Sachant que je suis parti de Matsuyama à 10h 20 avec le Shiokaze 14, et que je viens de descendre dans cette gare à 12h 21.
Si hyper spécialiste et perspicace vous êtes, vous trouverez!
Sinon ce n'est pas grave, vous le découvrirez demain.
Affiches JR Shikoku
Avant de quitter Matsuyama, je suis tombé sur quelques affiches intéressantes en gare, sur l'histoire ferroviaire de Shikoku autant que des publicités actuelles vantant les mérites des trains du cru!
Comme celle-ci avec un JR 8000, comme celui que nous allons prendre pour quitter Matsuyama très bientôt, qui effectue les trajets jusqu'à Okayama 'Shiokaze' et Kôchi 'Ishizuchi'.

Regardez! Il vient juste de se mettre à quai, il nous ouvre ses bras! Une invitation que je ne peux décemment pas refuser.
Il est à destination d'Okayama, mais je ne vais pas si vite fuir Shikoku car il y a encore beaucoup de belles choses à découvrir.
Dans un premier temps il me servira à partir d'ici. Et juste pour le plaisir d'essayer le train express star de la JR Shikoku, je ne vais pas me faire prier!
Je n'en ai pas fini avec les affiches.
La suivante est penite sur des panneaux de bois, d'un style assez naïf, en honneur du Bochan n°1 qui passe devant Matsuyama eki.
Tiens revoilà Anpanman!
Ça faisait longtemps! Il vous a manqué n'est-ce pas?
Mais nous n'allons pas le retrouver, du moins pas pour voyager avec lui, comme cette affiche veut donner envie aux chères têtes blondes japonaises, donc plutôt noires, de voyager avec lui sur de beaux fauteuils estampillés Anpanman et ses amis.
Et vous? Ça vous branche pour votre futur voyage à Shikoku?
En attendant, y'en a qui attendent ...
Ils ont toutes les affiches dans le dos, et le téléphone rivé à l'oreille.
Assis sur ces jolis bancs de bois, notre salaryman patiente avant de grimper à bord du JR 8000 qui sera cette fois un 'Ishizuchi' de Matsuyama à Takamatsu.
'Tokkyû'(special express) est inscrit en kanji rouges sur ce petit écran lumineux, et Ishizuchi en hiragana jaunes. J'ai même placé dans ce cadre de l'écran le reflet de l'horloge du quai n°1 de Matsuyama.
Voilà, voilà, le shashô de mon train attend l'embarquement des derniers passagers ...et de votre Densha Otaku national (mais de quelle nation au juste?!) toujours en train de photographier jusqu'au dernier moment!
Et puis hop!
Demain nous roulerons vers d'autres destinations.
Bleu JR Shikoku
C'est l'identité visuelle de la JR Shikoku, ce bleu azuré.
Depuis le premier jour où nous sommes ensemble arrivés sur ces terres entourées par la mer, j'avais changé la couleur des bandes qui cernent les messages de ce blog dans la tonalité bleu Shikoku.
Aujourd'hui, nous revoilà en gare de Matsuyama, pour un départ prochain vers une autre destination.
Avant de nous envoler à nouveau, les quelques minutes qui nous séparent du départ vont être bleues!
Bleu train ...
Depuis la passerelle menant aux quais, la couleur bleue domine nettement, et ce sur divers types de matériels.
Tout près, à quai, un キハ32 se cache mais nous allons vite le retrouver. A côté de lui des キハ47 se reposent encore sur une voie de garage. Plus loin on aperçoit bien quelques engins au dépôt, dont un JR 2000 aux voitures bleues en tête mais 'Anpanman' ensuite. Puis un JR キハ185(à ne pas confondre avec les 185 de la JR Higashi Nihon) est aussi visible.
Nous allons les retrouver à quai où ils vont venir s'installer.
Voie 7, le petit キハ32 local est là en attente du départ pour la localité de Ozu, à quelques dizaines de kilomètres de Matsuyama.
L'untenshu discute un instant à la bonne franquette avec un collègue avant de partir.
C'est la bonne et simple ambiance de Shikoku, bien évidemment moins formelle que dans les grandes cités.
キハ47 tranquilles à côté.
Un JR キハ185 sort du dépôt pour venir se mettre en place à quai ...
J'aime bien la 'gueule' des キハ185, bien fait, conçus juste avant l'apparition de la JR en 1986, donc solides même si déjà le vent tournait car ils sont très légers. Il effectue les liaisons entre Matsuyama et Uwajima, dans le sud de Shikoku.
On retrouve les JR キハ185 aussi à Kyûshû sur des liaisons locales, comme j'ai pu l'expérimenter il y a quelques années ...

JR キハ185 en version Yufu Express à Kyûshû.
A Shikoku il y a aussi des JR キハ185-0, alors que les bleus sont des キハ185-3000, comme celui-là dépassant d'un hangar du dépôt de Matsuyama.
J'en reviens sur mes quais, avec un JR 2000 qui arrive en gare ...
Ce JR 2000 assure la liaison 'Uwakai 宇和海' Matsuyama-Uwajima, ville dont il arrive donc ici.
Les JR 2000 sont des trains composés de rames de différentes compositions; les numéros changeant en conséquence.
2000-2100 à trois caisses.
2150-2100 à deux caisses.
2100-2100 à deux caisses.
Et 2000-2200 à quatre caisses, mais les caisses 2200 n'ont pas de poste de conduite donc impossible à voir de face car toujours au milieu des compositions!
Et au milieu de cette composition une voyageuse attend d'embarquer pour un prochain départ.
De l'autre côté du quai, un cheminot part vers le dépôt, fin ou début de service?
Pour aujourd'hui en tout cas, fin de message!
Je vous mets cette dernière image en grand pour que vous puissiez admirer la belle locomotive EF 65 108 au fond ...
松山運転所
Ce qui signifie : le dépôt des trains de Matsuyama.
Ah bon, le dépôt des trains?
Mmmh voilà un endroit bien envoûtant pour un passionné de trains!
Hier, je quittais la gare.
Et voilà donc qu'aujourd'hui, je me retrouve à me promener autour du dépôt.
En fait un peu par hasard, sans qu'il n'en soit non plus vraiment un, mais puique j'ai senti l'odeur des machines endormies, que j'ai commencé à en voir des morceaux, je ne pouvais plus reculer, non impossible ...!
Alors que j'étais à la base sur la piste d'un musée sur Sôseki, je suis tombé tout à coup sur cette scène émouvant d'un engin de manutention soulevant un conteneur JRF! Et ça ça m'a tout de suite parlé et fait frémir.
JRF: Freight 'kamotsu' en japonais. Mais où sont les locos?
J'ai suivi l'odeur de l'huile brûlée et mon instinct d'Otaku, et une déesse est apparu au détour d'un bosquet ...

Whouaa!! La belle EF 65 100, un merveille ésseulée ici près du dépôt.
Il ne reste qu'une petite trentaine de EF 65 série 0 des débuts de 1965, dont pas mal encore sur les voies de Shikoku. Mais les raditations s'enchaînent sévèrement pour ces premiers exemplaires.
Avoir ici la EF 655 100 un joli chiffre rond m'a vraiment fait plaisir, en plus en livrée totalement d'origine avec ses bandes chromées au-dessus des yeux, encore plus rare!
Une première belle prise, parfait.
Et quoi d'autres pas là?
De bien belles choses en fait, par derrière, au fond du dépôt, là où personne ne doit venir mettre son nez et le gros zoom de son appareil, que je me suis fait une joie de déployer comme un paparazzi ravi ...
Un キハ47 dans sa belle robe bleue.
Et des キハ185, une petite série de train de la JR de 1986, juste avant la privatisation.
Et ces 185 sont attelés à des remorques 32-500 comme celle que j'ai à peine réveillé sous son hangar, la 32-501.
On a déjà croisé la 32-502 l'autre jour, en version Anpanman Torokko. On la reverra.
Oooh mais qui se cache donc là?
Un joyau légendaire du rail de Shikoku, qui vivait ici ses dernières heures car radié depuis!
Un JR キハ65 (Kiha 65), 65-41, de 1961, un train diesel local typique de Shikoku, mais rempli d'amiante et ça à notre époque ...
Les キハ65 sont indissociables des キハ58, qui sont en fait la série de référence.
Et à peine plus loin, sur une voie de garage, trônait un autre キハ58-65, le fameux 58-293+65-34 en livrée d'origine d'avant la JR donc Kokutetsu!
Cette caisse de キハ65 est la seule qui ai subsisté en livrée d'origine. Ce train a d'ailleurs filé au musée ferroviaire du Shikoku, dont je vous ai montré un plan il y a quelques jours avec le shinkansen 0 et la DF 50, à l'automne 2008. Mais faute de moyens suffisants pour son entretien il n'y est pas resté longtemps. Je ne sais pas vraiment où il est aujourd'hui, mais peut-être assure-t-il quelques services en week-end pour entretenir la mémoire. des fans de Shikoku et d'ailleurs!
L'accompagne sur ce plan un キハ54, encore un petit train local typique de Shikoku, qui vit ses dernières heures, car l'an dernier 7 キハ54 étaient comptabilisés, mais au dernières infos il n'en resteraient plus que 2!! Les キハ54 sont de 1986.
La gueule d'un JR 2000 dépasse d'un hangar du dépôt.
Je me suis aventuré de plus en plus loin, loin de mon objectif premier que je ne trouverais d'ailleurs jamais, loin...mais au plus près de ma passion! Et heureux d'avoir trouvé ces pépites, ces bijoux cachés qui doivent assurément faire pâlir les otakus japonais qui les découvrent ici!
Si je ne m'étais pas perdu derrière ce dépôt je n'aurais pu avoir des images de tout un pan de l'histoire du rail de Shikoku de ces 50 dernières années!
Ah Matsuyamaaaaaa!
Oui enfin!
Nous allons poser le pied sur le quai de la gare de Matsuyama, la plus grande ville de Shikoku. La plus grande gare?! Pas sûr, mais ce qui est sûr c'est qu'il y a un 'big' dépôt juste à côté et plein de voies de garage le long des quais, et ça ça m'excite grave et j'adore!
Donc à peine arrivé en gare, je bondis hors de mon JR 2000 Anpanman que je ne peux plus voir en peinture désormais, même s'il est de partout et que je n'ai pas fini d'en bouffer ainsi que vous même chers visiteurs! D'ailleurs le bandeau titre de ce blog a changé en conséquence.
Et je me précipite de tirer sur tout ce qui ...ne bouge pas!
Première salve d'images, ce n'est pas mal!
Un Kiha 47 aux couleurs typiques de la JR Shikoku. Un train local par excellence, des années 70-80 suivant les versions, il y en a beaucoup de différentes et c'est assez compliqué.
Les Kiha 47 sont formés de 2 caisses, alors que les Kiha 40, de la même époque au même design, sont des autorails simples.
A peine mon JR 2000 arrivé que les ekiin s'affairent pour le nettoyer afin qu'il repartent prochainement en sens inverse, mais aussi qu'une partie reste ici.
Puis au dépôt, majestueux, trône un JR 8000, avec son long museau en pointe.
Revoyons tout cela de plus près ...

Voilà, ça c'est fait! Au cas où ...on ne le reverrait pas!
Mais rassurez-vous, on le reverra et même très bientôt car nous quitterons cette même gare à bord d'un JR 8000, et vous saurez tout sur lui à ce moment-là!
Un petit 'densha in a mirror' comme l'album photo spécial du genre, toujours amusant et augmentant ma collection qui grandit au fil des ans.
Plus loin derrière des JR 7000.
Puis sur un autre quai se prépare déjà un autre JR 2000 avec des Anpanman jaunes ce coup-là!
Sur celui-ci le personnage star est Baikinman-le vilain méchant pas gentil tout plein que les enfants aiment détester! Il est faut toujours un!
Sur ce je vais quitter ce petit monde et me diriger vers la sortie.
Juste avant de passer les barrières me séparant des quais, une image de ce bel endroit très chaleureux, tout en bois, au personnel attentif, mais qui ma méchamment repéré sur ce coup-là et fixé comme un seul homme (avec une femme aussi!) Bref je n'aurai pu avoir mieux sauf en leurs demandant de poser pour moi!

Je sors de la gare.
Et vous croyez que c'est terminé?
Détrompez-vous, vous commencez à me connaître!
Je vous dirai même que le festival va (re)commencer, et de façon assez surprenante, comme je le fus aussi cette fois-ci
A demain.
Le Densha en son densha 2000
Ce sont les derniers kilomètres avant d'arriver à Matsuyama, le train continue d'écouler le trajet en se balancant de gauche à droite. Je maintiens le cap.
Un arrêt dans une gare, quelques voies de garage le long du quai, Iyo Saijô eki et des JR 7000, des petits autorails bons à tout faire depuis 1990, locaux ...
On voit surtout les JR 7000 entre Takamatsu et la région de Iyo, depuis l'électrification de la ligne.
Si je tourne la tête depuis mon JR 2000, je vois un drôle de bâtiment, tout neuf, c'est le Shikoku Tetsudô Bunkakan -le centre de la culture(!) ferroviaire de Shikoku, qui ne compte pour l'huere que ...2 machines exposées!
Saurez-vous les reconnaître?
Pour une c'est facile, mais l'autre bon courage!
Puis je repars, enfin, mon JR 2000!
Au gré des quelques kilomètres parcourus, je croise mon premier JR 8000, 'la bombe' ferroviaire du Shikoku ...

Tout au fond à quai dans une petite gare pour nous permettre de nous laissez passer, voie unique oblige!
Nous aurons biens d'autres occasions d'en voir d'autres, je vous le promets, et vous en saurez alors beaucoup plus!
Puis je décide de me mettre un instant dans un des poste de conduite inoccupé au milieu de la rame pour quelques plans de mon pote Shokopanman ...
Et du Densha en son densha 2000 ...
Forts traficotés ces autoportraits! Pour ceux qui veulent des belles images bien lisses du Densha Otaku, voili-voilou pour vous!
Un effet solarisé bleuté (bleu thé!) et une pose longue avec effet 'non, non, non!' dans train pendulaire!
Puis il y avait cette valise, une grande voyageuse, sur laquelle j'ai bloqué un long moment en essayant de retrouver les destinations et aéroports d'après les bouts d'étiquettes ...

- Dis, c'est quand kon arrive?
- Rooh quoi encore! t'es pas bien là, dans ce train Anpanman? On y sera quand on sera arrivé!
- Ben ... ça fait quand même un bon moment koniè (qu'on y est!)!
- Ok ok, le prochain arrêt c'est Matsuyama alors, on y sera très bientôt, demain sûrement!
Voilà une dernière image sympa et 'pi' on touchera terre!
Inside JR 2000 furico style!
Que voilà un titre bien alambiqué!
Oui, pour un train qui d'apparence bien simple, cache en fait ce bon vieux système si appréciable de la pendulaison, dit 'furico' en japonais!
En France la pendulaison n'a pas vraiment connu la gloire, à la différence de l'Italie par exemple, et du Japon qui a adapté ce système sur plusieurs trains, à Kyûshû (Kamome, Sonic), à Hokkaidô (la grande série des 'Super ...' quelque chose Hokuto, Ozora, Hakuchô, ...) et ici sur les JR 2000 et 8000 que l'on verra bientôt à l'oeuvre!


Nous sommes toujours à bord de notre JR 2000, les passagers descendent peu à peu à chaque arrêt, pour voir les voitures se vider toujours plus alors que le train était plein au départ d'Okayama.
Au gré des arrêts, je sors faire quelques images ...
Anpanman & le shashô veillent sur notre voyage, dans ce JR 2000 (2005) ...
C'est toujours l'heure du bentô dans les trains au Japon! C'est vrai ça, les japonais passent leur temps à manger dans les trains, et après s'être rassasié, que font-ils?
Ils dorment!
Eh bien moi, je ne dort pas car il y a toujours du travail à faire, et au contraire des japonais, je ne prends même pas le temps de manger, c'est le régime Shinagawa! (c'est à dire passer des heures à travailler au bout du quai sans avoir une minute pour se restaurer!)
Et comme cette famille tranquillement installée en 'Green class', ils ne semblent pas être indisposés par le système furico qui on le dit rend malade!
Pour ma part, au contraire, j'adore ça! Je me mets debout tout à l'avant, toujours le nez collé à la vitre derrière le poste de conduite et je m'impressionne de ces mouvements de balancier parfois vertigineux dans les courbes sérrées de Shikoku. Car c'est là toute l'utilité de la pendulaison, pouvoir garder une vitesse convenable même dans les courbes sans décélérer.
J'en veux pour preuve cette vidéo faite dans ce JR 2000, commencée lors d'un arrêt en gare d'Imabari, peu avant Matsuyama notre point de chute final, où vous allez le voir, le paysage penche fortement en courbe, alors que je reste tout à fait en place sans vaciller ...
Un drôle d'oiseau bleu en gare
Alors que je continue mon voyage à Shikoku, que Matsuyama n'est pas encore atteint, que notre JR 2000 roule toujours, que je photographie tout ce qui bouge ou presque entre deux bouchées de bentô, tout à coup je tombe en arrêt...
Qu'est-ce que c'est que ça?
Je n'ai jamais vu dans mes manuels un tel engin chez la JR.
Nous marquons un bref arrêt en gare de Kan-onji, et j'ai juste le temps d'en faire 3 images que nous repartons.
Il a de jolies couleurs malgré le temps couvert qui n'aide pas à clarifier les images.
Il indique la destination 'Okayama' d'où nous venons. Ça alors! Je n'ai jamais vu un tel train là-bas!
Je me pose de multiples questions, surtout qu'il n'a pas l'air ancien, vu son design assez récent.
Mais à la vue de son numéro de série, j'hallucine vraiment ...!!
112-1!!? Enfin クハ112-1 (Kuha).
112, 113, serait-ce de la même famille?
Les fameux JR 113, si célèbres et courant sur les voies japonaises!
Aurais-je ici le tout premier exemplaire sous mes yeux ébahis!!
Mais il a quand même un faciès tout à fait différent d'un 113 normal ...
Un JR 113 'pur jus' dans une petite gare de la préfecture de Chiba.
Si on s'amuse au jeu des différences, ou points communs, c'est vrai que finalement ...! Euh finalement quoi?! Il lui ressemble ou pas?
Nous quittons la gare et mes interrogations vont demeurer longtemps dans ma tête.
Une tempête vient de se lever et elle ne se calmera que lorsque j'aurai mes réponses.
Je les aurai lorsque rentré en France mes recherches seront fructueuses. Mais pour vous, je vous laisse mijoter encore un peu, jusqu'à ce que nous croisions d'autres exemplaires, car il y en a, et que je vous livre la clé du mystère de l'oiseau bleu 113!

























































































































































